Benoît Koukébéné grandit dans son village natal de Loubetsi, dans la région du Niari, alors que le Congo fait encore partie de l’Afrique-Équatoriale française, dont Brazzaville est la capitale. De ses origines modestes il conserve un attachement profond aux paysages et aux réalités du Congo rural, ainsi qu’une combativité à toute épreuve et une volonté affirmée de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de ses compatriotes, quelles que soient leurs origines familiales et sociales.

Après avoir achevé son éducation secondaire au Lycmariageée Victor-Augagneur de Pointe-Noire, dans la République du Congo nouvellement indépendante, Benoît Koukébéné effectue des études d’ingénieur, notamment en France où il est diplômé de l’Institut français du pétrole, ainsi que de la Faculté des Sciences de l’Université Paris-VI Pierre-et-Marie-Curie (DEA de mathématiques).

Puis, il met son expertise au service d’Hydro Congo, la société nationale des hydrocarbures du Congo. Là, il gravit les échelons jusqu’à devenir Directeur de recherche et production.

Le 20 février 1982, Benoît Koukébéné épouse sa femme Philomène. Ils élèvent ensemble leurs quatre enfants.

La renégociation des accords pétroliers nationaux

bk ministreRestant impliqué dans son rôle à Hydro Congo, Benoît Koukébéné devient en tant qu’expert sur les questions de pétrole conseiller du gouvernement congolais, auprès du premier ministre Alphonse Souchlaty-Poaty (1990-1991) puis directement auprès du Président Pascal Lissouba (1992-1993). Il est nommé Ministre des hydrocarbures en juin 1993, au sein du gouvernement de Joachim Yhombi-Opango (1993-1996). Il conserve la confiance placée en lui, chargé des hydrocarbures puis des hydrocarbures et des mines, sous les Premiers ministres Charles David Ganao (1996-1997) et Bernard Kolélas (1997).

Grâce au travail et à la ténacité de Benoît Koukébéné, l’État congolais parvient à renégocier les contrats pétroliers avec les firmes internationales opérant sur le territoire. De longues et difficiles négociations aboutissent à remplacer les contrats de concession qui avantagent les exploitants par un nouveau contrat de partage de production, qui garantit 33 % de la production pétrolière et donc des revenus associés à l’État, contre 17 % environ auparavant. Ces accords permettent rapidement une réduction de la dette publique, auparavant la plus élevée au monde, à 270 % du PIB, et diminuée d’un quart à la suite du nouvel accord.

Les années d’exil

En octobre 1997, le coup d’État de Denis Sassou N’Guesso force la quasi-totalité des membres et proches du gouvernement sortant à l’exil, tous étant accusés et hâtivement condamnés à la suite de parodies de procès, sur des chefs d’accusation mensongers. Alors que certains bénéficient ensuite d’une amnistie, y compris l’ancien Président Pascal Lissouba, Benoît Koukébéné continue d’être l’objet de l’arbitraire du pouvoir dictatorial de Brazzaville, tandis que les bénéfices de l’accord pétrolier de 1993 ont été balayés au profit d’intérêts privés dès 1997.

Depuis son exil, Benoît Koukébéné continue aujourd’hui de croire à un avenir meilleur pour le Congo et contribue aux travaux de l’opposition au pouvoir en place, afin de préparer une alternance démocratique et progressiste au service des citoyens congolais.

Vice-président de l’Union panafricaine pour la Démocratie sociale (UPADS), il fonde également en 2006 l’ONG Telema, consacrée au soutien à la jeunesse du Congo. Il la préside jusqu’à aujourd’hui. Il fonde également en 2016 Radio Telema, la première web-radio de République du Congo.

Benoît Koukébéné est Officier de l’Ordre du Mérite Congolais et Grand Officier de la Légion d’Honneur française.